NOUS SOMMES DE PASSAGE

création 2018

 

 Avec le soutien des Tombées de la nuit et de la Cie OCUS

 

Nous sommes de passage rassemble six comédiens/ clowns, un musicien, un éclairagiste, une autrice/metteuse en scène et une assistante dramaturgique. C'est un spectacle destiné à être techniquement autonome. Il doit pouvoir jouer dans des salles de théâtre modulables ainsi que dans des lieux non dédiés au spectacle, dans l'esprit du théâtre itinérant: des halles, des places de marchés la nuit et des salles polyvalentes.

 
Note d'intention

 « Nous sommes de passage », est d'un grenier qui a disparu et des quelques vêtements qui ont survécu à cette disparition. C'est à partir de cette expérience personnelle qu'est née la nécessité de créer ce spectacle. Ma première question était: “qu'est-ce que ces habits usés nous racontent de nos fantômes ?” Puis elle s'est élargie à : “Qu'est-ce que les fripes portent comme histoire ? En quoi peuvent-elles déclencher le souvenir? Et comment peuvent-elles devenir matière de jeu? A partir de ces habits, j'ai imaginé un défilé existentiel, des comédiens joueraient à faire revivre mille et une existences. Parce que dans ce vaste passage que représente la vie humaine, de la naissance à la mort, chacun parcourt la distance à sa façon, singulièrement.

 

Aux traversées humaines et linéaires du défilé, répond un mouvement cyclique, celui de la Nature et de ses saisons, et celui de l'Histoire avec ses temps de destruction et de reconstruction. Les vêtements deviennent alors matière au Carnaval, véritable fête du “passage” qui marque “le besoin des peuples de se régénérer périodiquement en abolissant le temps écoulé et en réactualisant la cosmogonie »1.

 

 Si Nous sommes de passage part d'une vision personnelle, la matière de son écriture est collective. L'aventure de création est pensée comme un carrefour entre histoire intime et histoires collectives, entre la parole errante”2et sa mise en espace, entre le quotidien et l'art, entre les passants et les artistes. Cette création s'articule au point de croisement entre l'écriture de l'auteur, les propositions des acteurs au plateau et la récolte d'histoires de vie variées (histoires glanées lors d'ateliers “d'écriture de plateau” mis en place lors des premières résidences d'écriture).

 

Le lien entre ces trois chemins sont les habits collectés dans les recycleries ou dans les greniers en amont. “Fragments d'existences récoltés au hasard”3, les fripes portent l'empreinte de ceux à qui elles ont appartenu. Déformées par les corps qui les ont habitées, elles sont marquées aussi par une odeur particulière, mélée à la poussière qui les recouvre. Pour les comédiens, cette matière à la fois morte et vivante, appelle un jeu très organique, qui part et parle du corps, corps perdus, ou corps en scène.

 

Déroulement du spectacle

Nous sommes de passage commence comme une brocante de vêtements, un vide grenier, où le public est invité à déambuler. Le lieu est un peu chaotique, chaque marchand a installé son stand de fortune comme il le pouvait et vaque à ses affaires, invitant le public à découvrir son étalage. Ces habits portés sont d'abord marchandisés, étalés, classés et vidés de leur substance en espérant une nouvelle existence : la deuxième main. Pour les marchands, ces « vêtements »4 ont simplement au commencement une valeur commerciale.

Mais peu à peu la matière prend vie. Les exposants ne s'intéressent plus seulement à la valeur marchande des habits mais leur confèrent une valeur affective. Ils commencent à raconter l'histoire de chacune de ces fripes. D'où elle viennent, à qui elles appartenaient, quels événements marquants les ont traversées... ? Puis ils mettent ces habits, les enfilent sur leurs propres corps, si bien que cette matière jusque là inanimée se met à respirer, à vivre, à prendre forme. Les exposants se glissent dans la peau de ces vies passées et incarnent progressivement ce qu'ils portent.

Le défilé existentiel se déploie, avec ses tranches de vie qui se croisent et se répondent. Les personnages émergent des masses de vêtements, parcourent ce chemin, et, en bout de course, disparaissent. Parfois ils mettent des mots sur leurs vie, parfois ils passent en silence. Parfois ils se rencontrent, parfois ils se cherchent. Souvent ils se manquent et ignorent complètement l'existence de ceux qui les ont précédés. Le foisonnement des personnages dégage une énergie où la vie prend chaque fois un axe différent, avec ses engagements, ses passions, ses désillusions, ses peurs et ses désirs.

Le caranaval ponctue le temps de ces passages comme un cycle qui se renouvelle sans jamais être ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Les chants et rites carnavalesques poussent la farce mélancolique.

Direction artistique : Laurence Poueyto (35)

Assistante dramaturgique : Marianne Pichon (75)

Musicien et régisseur son : Soslan Cavadore (33)

Création lumière, régie : David Bourthourault (35)

Les poètes en action : Marie-Cerise Bayle (87), Yann-Sylvère Le Gall (35), Mélanie Aumont (35), Christelle Kerdavid (35), Corinne Mazet (35), Thomas Collet (35)

Production : Ludivine Lucas

Assistante de production : Mélinda Gonthier (35)

 

1Mircéa Eliade, Le mythe de l'éternel retour, Gallimard, 1969

 

2Nom de la Cie d'Arman Gatti

 

3Expression de Macha Makeieff in L'amour des choses, Actes Sud, 2001

 

4Dans Le système de la mode Roland Barthes différencie le terme « vêtement » qui est la forme structurale du costume, avec la dimension impersonnelle de sa fabrication, au terme « d''habit » qui est sa forme individualisée, portée.

 

Cie Si Tu T'imagines

54 rue des Ormeaux

35000 Rennes

situtimaginescie@gmail.com

+33(0)6.82.91.98.10

 

DIRECTION ARTISTIQUE:

Laurence Poueyto

laurence.poueyto@gmail.com

06 82 91 98 10

 

ADMINISTRATION:

Mélinda Gonthier 

melinda.situtimagines@gmail.com

06 28 06 05 05

 

http://ciesitutimagines.jimdo.com